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Chapitre X
Montségur, Ariège, France
18 juillet 2006 - 9 h Le soleil brillait depuis longtemps lorsque mes yeux s'entrouvrirent. La veille avait été chargée en découvertes et émotions. Le repos m'avait donc fait le plus grand bien. Après avoir apprécié les bienfaits d'une douche froide, je m'habillai et descendis les escaliers pour me rendre à la salle de déjeuner. Je ne faisais pas partie des premiers hôtes à vouloir prendre mon repas. A cette heure, nombre de visiteurs étaient déjà partis en excursion. Les uns avaient pris le chemin du pog, les autres avaient préféré descendre vers la vallée. Le temps ne semblait pas avoir d'emprise sur ce lieu. Le village avait bien entendu bénéficié de nombreux aménagements, de même que l'hôtel avait été plusieurs fois rénové. Cependant, une ambiance intemporelle régnait à Montségur. Il ne s'agissait pas seulement du caractère montagnard... Je pris rapidement mon petit déjeuner pour reprendre la route. J'hésitais entre Rennes-le-Château et les sites templiers et hospitaliers du Larzac. La première destination était certes intéressante mais je redoutais les élucubrations qui avaient été faites autour de Béranger Saunière et de son " fabuleux trésor ". Non... je préférais la quiétude de l'Aveyron. Ma destination fut donc choisie : La Couvertoirade, magnifique cité médiévale dont les origines remontaient aux templiers. En sortant de l'hôtel, je croisai rapidement le joueur de flûte, Christian. Il était accompagné d'un homme mûr au teint basané. Les deux me saluèrent en retour et je me promis de prendre plus de temps pour discuter avec eux un peu plus tard. Christian ne m'avait-il pas donné une branche de laurier la veille, lors de notre deuxième rencontre ? A présent, certains éléments du puzzle s'assemblaient. Les pièces s'imbriquaient au fur et à mesure que je relisais la lettre de Jean. Un chemin se dessinait peu à peu... Il me fallut plus de trois heures pour me rendre au village de La Couvertoirade. Long mais agréable, ce parcours me permis encore de disposer de temps pour affiner ce que je commençais à entrevoir.
Le parking était devenu payant depuis mon dernier passage. Si cela pouvait au moins contribuer à ce que le village puisse effectuer les travaux d'entretien... L'heure de midi avait sonné depuis longtemps et le village semblait bien animé. Du parc de stationnement encombré, de nombreux visiteurs se rendaient vers l'enceinte fortifiée. Je décidai de faire le tour de l'enceinte pour entrer par la porte sud. La placette sur laquelle je débouchai était calme, contrastant avec la première impression que j'avais eue en arrivant. Longeant les maisons, je décidai de me rendre à l'église. Laissant à ma droite le château puis le cimetière, je lus le texte qui figurait à l'entrée de l'église : " Bonnes gens qui par ici passez, priez Dieu pour les trépassés ". Puis je poussai le lourd battant en bois et pénétrai dans l'église. Personne ne s'y trouvait. L'intérieur de l'église était malheureusement mal entretenu et ce fut à mon grand désespoir que je vis l'état des murs. A certains endroits, l'humidité avait contribué à désolidariser le revêtement du mur d'origine.
Le château dominait le village et la placette située devant le cimetière offrait un point de vue remarquable sur une grande partie du village. Les toits en ardoise côtoyaient les antennes satellite, dans un mélange qui ne manquait pas de surprendre. Accoudée au muret, j'appréciais le calme. Quelques passants venaient perturber cette ambiance sereine mais tous respectaient le lieu. Pouvait-on imaginer des chevaliers montant par l'étroit chemin de pierre, du cœur du village vers le château des Templiers ? Avec un peu d'imagination... La Couvertoirade n'avait connu aucun bouleversement depuis le XVe siècle. Le village médiéval avait ainsi conservé son cachet. Dans cette ambiance où le temps semblait figé, j'eu envie de découvrir la quatrième énigme. Je pris l'enveloppe et l'ouvris : La quatrième clé est au Centre. Tu y trouveras le lien avec les Anciens. Je pensais avoir résolu aisément les trois premières énigmes... mais ce nouveau défit m'échappait. Je relus plusieurs fois les deux phrases pour les retenir et y réfléchir calmement. Je repris alors le chemin qui donnait accès à l'arrière du château. Empreinte laissée par la ferveur chrétienne, une croix de fer plantée dans un pilier de pierre se trouvait à l'embranchement du chemin. Il était alors possible de contourner les fortifications ou de retrouver les anciennes écuries ruinées. Je pris la deuxième option pour constater que les murs étaient toujours laissés à l'abandon. Peut-être n'avaient ils aucune valeur archéologique mais il me semblait dommage que ces bâtiments soient livrés aux assauts du temps et des intempéries. Continuant mon périple dans l'herbe sèche, je contournai la lavogne pour retrouver la route que j'avais empruntée pour venir. L'après-midi ne tarderait pas à m'empêcher de trouver à me restaurer. Aussi, je pris la décision de chercher un restaurant. Contournant les fortifications, je retrouvai l'entrée de la tour nord devant laquelle plusieurs stands proposaient des spécialités culinaires de la région. Solution plus adaptée à mon envie de tranquillité, je décidai donc de faire le marché. Un quart d'heure plus tard, après avoir discuté avec les commerçants passionnés par leurs produits, je repris le chemin des fortifications. Un chemin forestier menait semble-t-il à un lieu situé en hauteur par rapport au village. Je l'empruntai afin de bénéficier d'une vue sur l'ensemble fortifié. Quelques minutes me suffirent pour trouver un coin tranquille où des gros rochers perçaient le sol et permettaient une assise confortable. Prenant mon repas, je repris alors le fil de mes pensées à propos de cette nouvelle énigme...
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