Khetemet
Livre I - La Légende
Livre II - L'Aventure
Qui sommes-nous ?
Boutique

Khetemet, l'aventure continue...

Khetemet, la légende
Chapitre XXVI

La ville actuelle du Caire : difficile de voir les pyramides du plateau de Gizeh, pourtant au milieu de la photographie...

- La ville actuelle du Caire (photographie : Philippe Contal, novembre 2005) -

Le Caire, Egypte
25 juin 2007 - 14 h


Clio et Rafed étaient arrivés en fin de matinée au Caire. Ayant préparé depuis longue date ce repli stratégique, ils allèrent directement chez un ami, au coeur de la ville. Non loin des pyramides de Gizeh, dont le plateau semblait cerné par l'urbanisme envahissant du vingt-et-unième siècle, habitait leur nouvel hôte. Il s'agissait d'une agréable maison avec un patio au centre duquel coulait une fontaine.

Ils se reposèrent quelques heures et déjeunèrent ensemble sur une terrasse située au dernier étage de la maison. Admirant les pyramides du plateau de Gizeh malgré la brume qui masquait continuellement le paysage, ils discutèrent sur le programme de leur journée.

- Nous pouvons commencer à activer notre réseau dans quelques jours, Clio. Souhaites-tu visiter quelque chose pendant que nous sommes ici ?
- Merci pour ta proposition. Le Musée du Caire1 et quelques pyramides seraient deux destinations qui me satisferaient pleinement.

C'est ainsi qu'ils se rendirent au Musée en taxi, traversant la ville très animée. Personne ne connaissait le nombre exact d'habitants du Caire, mais il était estimé à 12 voire 16 millions d'habitants. Cela contribuait à donner à la mégalopole une activité extrêmement surprenante pour les visiteurs occidentaux.

A lui seul, cet établissement à la renommée internationale aurait mérité plusieurs jours. Clio choisit de limiter sa visite à quelques éléments réputés remarquables, de la palette de Narmer au trésor de Toutankhamon. Cependant, elle avait du mal à ne pas vouloir tout contempler.

C'était au français Auguste Mariette que le musée devait son origine. Quittant ses fonctions de conservateur du Louvre en 1858, il devint directeur du Service des Antiquités d'Egypte et fonda le premier musée à Boulaq. Le Musée du Caire fut constitué sur les bases de son travail, en 1902. Ce fut à un autre français que revint l'honneur d'être l'architecte du musée actuel, Marcel Dourgnon. De 36 000 pièces que possédait alors le musée, il était passé à plus de 120 000 un siècle plus tard. Il était désormais sous la responsabilité d'un personnage remarquable et devenu incontournable, Zahi Hawas, directeur général du Conseil suprême des antiquités.

Malheureusement, le bâtiment n'était pas suffisamment grand pour abriter et présenter l'ensemble de la collection. De nombreux artefacts étaient mal mis en valeur et auraient demandé un travail considérable de muséographie. Ce travail allait être réalisé dans le nouveau musée dont l'ouverture était prévue juillet 20112. De nombreux touristes non avertis devaient passer à côté d'éléments et symboles fondamentaux, pressés par leur timing et leurs guides aux discours épurés.

Au rez-de-chaussée, le scribe accroupi et d'autres statues semblaient attendre une étincelle pour reprendre vie. Les personnages étaient remarquablement réalisés et de leur état de conservation résultait un étrange sentiment de vie suspendue.

Au premier étage, Clio admira également les modèles en bois peint de Meketrê. Vingt-cinq personnages en bois avaient été retrouvés dans la tombe du chancelier au sud de Deir-el-Bahari. Une partie avait été transférée au Metropolitan Museum of Art de New York3. Le reste était exposé au Caire. Les figurines d'une vingtaine de centimètres de hauteur représentaient l'entourage du défunt du temps de son vivant. Un véritable monde miniaturisé redonnait vie aux scènes quotidiennes de l'Ancienne Egypte : pêcheurs, éleveurs de bétail, scribes, gardes armés, ouvriers...

Chaque objet aurait mérité une étude, un ouvrage. La visite donnait l'impression de voyager dans le temps mais de manquer l'essentiel. La richesse et la quantité d'objets que la civilisation égyptienne avait laissées étaient impressionnantes. Même en se concentrant sur les objets de la période prédynastique à l'époque ptolémaïque, l'Egypte avait laissé un énorme héritage. Ces témoignages demanderaient encore des décennies pour livrer tous leurs secrets.

La salle des momies attirait de nombreux visiteurs. Curiosité malsaine ? Ces pharaons et dignitaires avaient souhaité s'assurer de leur passage dans l'au-delà. Ils auraient peu apprécié d'être ainsi livrés au regard d'autres hommes...

Le trésor de Toutankhamon quant à lui, restait un point de passage obligé pour tout visiteur. D'une richesse impressionnante eu égard à la modestie du règne de ce roi, il n'en demeurait pas moins le pharaon le plus connu de la planète. Il est vrai que sa tombe, découverte par Howard Carter en novembre 1922, l'avait précipité sur le devant de la scène publique, avec de nombreuses légendes comme la malédiction des pharaons, qui alimenta longtemps la littérature romantique et l'imaginaire occidental.

L'Ancienne Egypte possédait encore de nombreux secrets. Pleine de magie, elle envoûtait toute personne qui s'y intéressait. Les dieux y avaient été présents et ne manquaient pas d'interpeller ceux qui regardaient les bas-reliefs, les papyrus et les décors peints sur les murs. Aucune civilisation n'avait duré aussi longtemps... et aucune civilisation n'avait laissé autant de traces et de mystères. A ceux qui n'y voyaient qu'une civilisation antique et attardée, les Anciens Egyptiens répondaient par leur immortalité. Au-delà des géants de pierre et des sarcophages dorés, les messages symboliques traversaient les millénaires, attendant que leurs héritiers puissent en retirer l'essence et la signification.

Ce qui retint le plus l'attention de Clio fut toutefois le naos en bois doré de Toutankhamon. Destiné à protéger les viscères momifiés du pharaon défunt, il se trouvait sous un baldaquin ouvert, monté sur un traîneau. Chaque élément était constitué de bois recouvert d'or. Les quatre déesses chargées de protéger les vases canopes étaient finement réalisées dans un style encore amarnien. Isis, Nephtys, Neith et Selkis veillaient ainsi sur les quatre organes momifiés. Mort et renaissance était au coeur de cette ensemble su lequel les 4 déesses veillaient.

La visite se prolongea durant plusieurs heures. A peine avaient-ils contemplé un objet qu'ils en découvraient un nouveau dont la beauté rivalisait avec le précédent. En fin de journée, ils reprirent le chemin de leur maison d'accueil. Ils continuèrent leur discussion pendant le repas et tard dans la soirée...
La ville actuelle du Caire
- La ville actuelle du Caire (photographie : Philippe Contal, novembre 2005) -

Notes :

1 Voir www.egyptianmuseum.gov.eg et www.insecula.com/...
2 Voir portal.unesco.org/...
3 Voir www.metmuseum.org/...
Éditeur du site - Histophile - Égypte antique - Moyen-Âge - Cathares - Templiers
Occitanie - Armurerie médiévale - Armurerie du Soleil levant - Histoire & symboles
Khetemet, l'aventure continue...